Cerise de Montmorency : Star éternelle de l’île de France

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La cerise de Montmorency est une variété qui appartient à la famille des amarelles et des griottes (Prunus cerasus). Elle se caractérise par une peau fine de couleur rouge vif, une chair ferme et un jus incolore acidulé.
La cerise de Montmorency est également appelé griotte de Montmorency, courte queue ou gaudriole. Gaudriole parce qu’on murmurait à l’époque que son acidité « faisait danser ceux qui la consommaient »
Elle doit son nom à la vallée de Montmorency, située au nord de Paris.
On la retrouve dans les écrits de Madame de Sévigné, de Jean-Jacques Rousseau et de Voltaire et fait assurément partie du patrimoine culinaire de l’Ile de France.

Origine et histoire de la Gaudriole

On a retrouvé des documents écrits attestant de la culture de la griotte à Montmorency qui datent du Moyen-Âge. En effet, à partir du 12ème siècle, les moines bénédictins faisaient payer un droit de barrage pour tous ceux qui voulaient vendre les cerises de Montmorency à Saint-Denis.
C’est ensuite la marquise de Sévigné qui contribua à leur célébrité. Lorsqu’en 1689
le prince de Condé, alors seigneur des terres de Montmorency mais également seigneur d’Enghien-en-Hainaut, obtint de Louis XIV l’autorisation de changer le nom de Montmorency en celui d’Enghien, Madame dans ses fameuses lettres s’exprima en ces termes :
« Madame de Mekelbourg la première, et moi ensuite, nous ne pouvons souffrir ce changement. C’est une fantaisie de son frère. Il faudra donc dire des cerises d’Enghien, au lieu des cerises de Montmorency. Je ne m’y saurois accoutumer mon cousin »
Il faut dire que la culture était telle dans la vallée que la fameuse cerise se vendait à la criée dans les rues de Paris.
Le siècle suivant c’est le célèbre botaniste Duhamel du Monceau qui mentionna le fruit dans son « Traité des arbres fruitiers ». Dans ce livre, il fut le premier à décrire et théoriser le mode de développement des arbres.
Au 19ème siècle, véritable aimant de la région francilienne, les parisiens vont jusqu’à louer les cerisiers à l’heure pour y cueillir les gaudrioles ! On y partageait plaisirs champêtres et déjeuners sur l’herbe dans le verger.
Mais au 20ème siècle, la concurrence des variétés méridionales et la raréfaction des cultures ont raison de la production massive des griottes de Montmorency.

Production et récolte

Dorénavant seules les variétés Montmorency royale et Saint-Aignan subsistent dans la région. Les producteurs greffent ces deux variétés sur de jeunes pousses de merisier, arbre plus fertile et permettant une production robuste et pérenne. La cerise de Montmorency est devenue un produit de luxe ! Les communes de Soisy-sous-Montmorency et de Saint-Prix sont les derniers endroits où on la cultive. Un territoire de production d’à peine deux hectares. Il est donc de plus en plus difficile de trouver des cerises à Montmorency. Quelques habitants chanceux de la vallée peuvent encore en profité.
La cueillette s’effectue de la mi-juin à la mi-juillet. Ce travail est éreintant car chaque fruit doit être récolté avec leur queue pour une meilleur conservation.

Une variété de cerise qui s’exporte !

S’il est ma foi compliqué de trouver des cerises de Montmorency à Montmorency, elles se sont plutôt bien développé hors de l’hexagone. Grâce aux colons français, on les produit chez l’Oncle Sam, particulièrement au Wisconsin et au Michigan mais également en Ontario au Canada. Son goût acidulé remporte un grand succès dans la production de jus et de tartes.

Comment consommer la cerise de Montmorency ?

Cette variété de cerises n’est pas un fruit de bouche à proprement parler. En cause son acidité. Elle est cependant idéale pour la préparation de desserts (clafoutis, tartes, crumble, bombe glacée Montmorency), de conserves, de confitures, de jus et de coulis. N’oublions pas les cerises de Montmorency à l’eau de vie qu’il faut laisser macérer au minimum 6 semaines.
Ce qu’il faut savoir également est que la chair ferme de la griotte offre une bonne résistance à la cuisson et se marie parfaitement aux viandes type gibiers.

Vertus médicinales de la cerise de Montmorency

La cerise de Montmorency joue un rôle bénéfique dans la santé humaine. Cette cerise est l’une des rares sources alimentaires de mélatonine, considérée comme un régulateur du sommeil. Elle contribuerait donc à combattre l’insomnie.
Une étude américaine du Vermont a démontré que l’extrait de cerise de Montmorency permettait de diminuer la dégradation musculaire subie lors d’un effort sportif intense. C’est pourquoi de nombreux sportifs ajoutent l’extrait de cerise de Montmorency à leur routine de compléments alimentaires

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